Dicton :Pour Sainte-Denise, finie la bise
15 Mai 2021


Le Géant Foucard

Geant

L’abbaye de Foucarmont fut un lieu de création. Outre la production de céramiques ; notamment de pavés vernissés à usage funéraire, elle fut également un lieu de création littéraire. Pas moins de 58 manuscrits issus de la bibliothèque de l’abbaye, contenant, entre autres, poèmes et pièces sont déposés à la Bibliothèque Nationale (Ils ont été achetés par Colbert en 1682), un registre capitulaire des abbés contenant leurs correspondances et Le cartulaire de l’abbaye de Foucarmont retraçant les diverses donations effectuées au monastère sont conservés à la Bibliothèque Municipale de Rouen.Une Bible réalisée par les moines « copistes » vers 1400 est, elle-même, conservée au musée Mathon-Durand de Neufchâtel en Bray. Le service d’archives départementales a, quant à lui, recueilli des centaines de documents.

Parmi ces multiples productions, il en est une qui a connu son heure de gloire et que l’Abbé Cochet qualifie de « monument » : la Chanson de Syperis de Vinevaulx. Il s’agit d’un roman du moyen-âge ou plutôt d’une chanson de geste (de « gesta » = actions, en latin) dont l’action se situe au VIIème siècle. Elle retrace « L’histoire plaisante et récréative faisant mention des prouesses et vaillances du Noble Sypéris de Vinevaulx et de ses dix-sept fils ».

On y apprend comment le géant Foucard fut vaincu par le gentil Sypéris de Vinevaulx, aidé de ses fils.

Elle fut écrite vers 1400, par un moine nommé Brienchon. Il s’agit d’une œuvre conséquente écrite en vieux français, de près de 15 000 vers ! Un manuscrit (soit la moitié) est conservé à la Bibliothèque Nationale.

Syperis serait un diminutif de Childéric II (653-675), roi des Francs, fils de Clovis II. Vinevaulx (ou Vignevaulx) est formé à partir du nom de la Vigne, nom d’un ruisseau qui rejoint l’Yères à Foucarmont ; Vignevaux, c’est le “val de la Vigne”. Une partie de la forêt d’Eu se nommait ainsi à l’époque. N’oublions pas le rôle joué par les Comtes d’Eu dans la fondation du monastère : le moine écrivain a probablement voulu ainsi leur rendre hommage.

C’est de là, probablement, qu’est née la légende du géant Foucard, géant qui serait à l’origine du nom de la commune. Certains ont même prétendu avoir vu le cercueil du « père » ou du « parrain » de notre bourg. En effet, lors du tracé de la route « impériale » n° 28 (entre 1795 et 1800), une curieuse découverte, un cercueil contenant de grands ossements et une grande épée, vint renforcer cette croyance.

Mais comme le dit justement l’Abbé Cochet : « Le peuple ne veut jamais avoir tort ! »


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