La légende de Notre-Dame de l’Epinette

La chapelle de l’Epinette telle qu’elle se présentait il y a plus d’un demi siècle

Derrière le stade, un chemin de traverse en lacet rejoint la rue de la fontaine à la route Départementale n° 26 menant à Preuseville. Dans ces terrains, plutôt humides, situés à proximité de notre rivière, l’Yères, on trouve de nombreuses espèces d’arbres et d’arbustes moyens à grands (noisetiers, houx, saules etc.) dont l’épine. D’où le nom de ce lieu-dit : « L’Epinette »

Dans l’une de ces épines, âgée, au tronc noueux et creusé avait été placée une statue de la Vierge.

L’histoire n’en dit pas la raison. Mais il y a toujours, à la base d’une légende, un fait réel et c’est sa transmission orale qui la modifie, la magnifie et la rend extraordinaire.

L’épine était alors reconnue comme un arbre sur lequel la foudre ne tombait jamais et il n’était pas rare, dans notre région très boisée, qu’un arbre, particulièrement, fasse régulièrement l’objet d’un regroupement populaire religieux.

Probablement afin de conserver cette statue, très vénérée, dans de meilleures conditions, on avait donc décidé de lui réserver une belle place dans l’église Saint-Martin, au centre de la commune. Ce qui fut fait. Le lendemain matin, à la surprise générale, on s’aperçut que la Vierge avait retrouvé sa place au cœur de l’épine. Et ainsi, après plusieurs tentatives et retours inexpliqués de la statue en cet endroit, on décida d’élever ici une chapelle que l’on nomma tout naturellement « Notre-Dame de l’Epinette ».

Notre Dame de l’Epinette servit d’abri aux valeureux soldats durant la guerre 1914-1918

Spacieuse, élégante, aux ouvertures de style gothique, elle fut édifiée au 16ème siècle.

Aujourd’hui, celle-ci a disparu. Après avoir connu les tumultes de la Révolution (elle avait été dédiée à la Raison, elle devint ainsi  « Temple de la Raison »  au nom de la toute nouvelle liberté d’opinion, l’église Saint Martin, quant à elle, conservait sa fonction religieuse), elle fut progressivement abandonnée,  étant très excentrée  et située sur un terrain parfois inaccessible car envahi par l’eau. Elle servit d’abri aux valeureux soldats durant la guerre 1914-1918, comme en atteste cette carte postale, et de grange. Incendiée durant la deuxième guerre mondiale, il n’en restait plus que les murs. En 1955, sur l’initiative de Jean Seigneur, s’y était tenu un spectacle son et lumière. Devenue propriété privée, elle fut complètement détruite.

 On aperçoit, sur cette photo aérienne, la chapelle, dont il ne reste que les murs (1952)