Libération du bourg : la médaille au titre de commune martyre attribuée par la Région

La cérémonie commémorative de la libération de notre bourg s’est déroulée ce dimanche 1er Septembre, Place des Cateliers.

Aux côtés des Elus et Notoriétés locales, des Sapeurs Pompiers et de leur batterie Fanfare, se trouvaient M. Christian Roussel, Président de l’Intercommunalité Aumale-Blangy, le Lieutenant Levasseur, Commandant de la Brigade territoriale de Gendarmerie Aumale-Blangy.

La célébration de la Libération du bourg était cette année toute particulière car il s’agissait du 75ème anniversaire de cet événement.

Un véhicule exposé par le MVCG Callengeville à cette occasion

C’est pour cette raison que la Région Normandie et son Président Hervé Morin ont tenu à donner un éclat particulier à cet anniversaire en attribuant à FOUCARMONT, commune martyre, la Médaille commémorative frappée à cette occasion. Une cérémonie s’est déroulée à Epron (calvados) le 15 Juillet dernier où les 498 communes martyres normandes se sont vu attribuer cette distinction.

La médaille attribuée à Foucarmont

498 villes et villages bombardés ou totalement détruits par les terribles événements de la Seconde Guerre Mondiale : au moins 21 000 victimes civiles normandes furent à déplorer.

498 communes normandes qui, comme Foucarmont, ont été été sinistrées pendant la Seconde guerre mondiale, villes et villages partiellement ou totalement reconstruits.

Le « lourd tribut » payé par les Normands à la libération de leur région, qui fut un tournant dans la libération de l’Europe, est longtemps resté dans l’ombre.

Foucarmont, commune martyre de la seconde guerre mondiale

Oui, Foucarmont a souffert de la guerre et avait déjà été honoré par une citation à « l’Ordre de la Brigade » par M. Max Lejeune, Secrétaire d’Etat aux Forces Armées, le 11 Novembre 1948 avec l’attribution de la croix de guerre. Il soulignait alors le courage de la Population par la mise en place d’un réseau de résistance suite au premier bombardement de 1940 et son concours précieux à l’œuvre de Libération de notre Pays.

Lors de la cérémonie du 15 juillet à Epron, Hervé Morin a déclaré « Comme le monde entier, nous avons retrouvé la liberté et la dignité et cela n’a absolument aucun prix mais nous avons aussi payé un lourd tribut. Il est d’autant plus important de le dire et de le répéter que la disparition des derniers vétérans, mais aussi des témoins de cette bataille risque de faire tomber dans l’oubli cette part des affrontements de l’été 1944 »

Le centre bourg complètement dévasté, l’église en ruines, le 13 février 1944

En effet, un premier bombardement, en juin 1940, les 7 et 8, par les Allemands, lors de l’exode, sera particulièrement destructeur : 15 habitants de Foucarmont tués, 29 maisons détruites.

Et puis, le 13 février 1944, un second bombardement, par nos Alliés cette fois, détruira le centre de la commune, occasionnant 21 victimes civiles, réduisant en ruines notre église, la place et ses halles.

Foucarmont libéré par les Polonais

C’est la 1ère Division Blindée Polonaise, qui traversa Foucarmont et repoussa l’ennemi en ce premier septembre 1944. Elle avait reçu l’ordre de dépasser la 3ème Division Blindée Canadienne et de continuer la poursuite de l’ennemi sur l’axe Neufchâtel-en-Bray, Blangy-sur-Bresle vers Abbeville.

Voilà donc maintenant 75 ans qu’au prix de sacrifices immenses, les forces de la Liberté menaient un assaut impitoyable contre la machine nazie qui sévissait dans notre pays et en Europe.

Les éléments de la Division Blindée Polonaise après avoir libéré Callengeville, soldats, chars en tête aidés de fantassins, entrèrent dans Foucarmont en milieu de journée et poursuivirent leur route pour libérer Blangy sur Bresle en début d’après-midi. Puis, la colonne se dirigea ensuite vers Behen, Abbeville, qui sera finalement libérée le 3 Septembre.

La 4ème Division Blindée Canadienne, pour sa part, devait rejoindre la Somme en passant par Aumale et Hornoy.

Ce n’est pas sans lourdes pertes, civiles et militaires, que l’ennemi a été chassé.

De l’importance du devoir de mémoire

Dominique Vallée, Maire de la commune déclara : « Nous devons prendre exemple sur toutes ces femmes et tous ces hommes, qui, par leur courage, convaincus qu’il ne fallait pas baisser les bras face à la cruauté et la barbarie, ont parfois donné leur vie pour assurer un avenir à notre pays et aux futures générations ».   

Et d’ajouter : « Vous qui êtes ici présents, participez au devoir de mémoire, afin de ne jamais oublier le sacrifice de nos Soldats et Alliés, des Résistants pour combattre l’occupation et la dictature et ainsi rétablir l’une de nos valeurs essentielles : la Liberté. Vive la France, Vive la Pologne ! Vive le Canada et Vive Foucarmont ! »