Fontaine St Martin : cette tour qui intrigue

Située près du lavoir, au lieu-dit la « fontaine Saint-Martin », elle intrigue beaucoup.  Mais quelle pouvait être la fonction de cette curieuse tour implantée à proximité du lavoir ? Une question que bon nombre de personnes qui la découvrent pour la première fois se posent.

Pas les Foucarmontais, bien sûr, qui ont, de par la mémoire collective, entendu parler de cette curieuse construction toute en bois de sapin.Lavoir (11)

Il s’agit d’une tour de séchage. A la suite d’un incendie, ou d’une manœuvre, nos sapeurs-pompiers  y accrochaient les tuyaux afin de les y faire sécher, ceux-ci étant alors composés de fibres végétales.

Tour 2Mais ce n’est pas tout. Construite sur décision du Conseil Municipal en 1946, elle devait permettre à nos valeureux et dévoués pompiers de faire … de la gymnastique.

Probablement en montant-descendant les échelles intérieures mais aussi, peut-être, par l’utilisation d’une corde lisse suspendue en son centre.

Elle avait donc une double fonction. Pour preuve, cette délibération du Conseil Municipal en date du 5 Juin 1946 :

« L’an 1946, le mercredi 5 Juin à 17 heures, le conseil municipal s’est réuni à la mairie en session extraordinaire de Juin, sur la convocation et sous la présidence de M. Asselin Edouard Maire.

Etaient présents : MM. Asselin, Michel, Beuvin, Desjonquères, Guérard, Fossier, Bouteiller, Cadot et Mme Prudhomme.    Absents excusés : MM. Bresson, Venambre et Petit.

Le principe de la construction d’un portique pour exercice de la Cie de sapeurs-pompiers est adopté. Ce portique pouvant servir en même temps de séchoir pour les tuyaux. On soumissionnera des sapins pour l’édification des montants et M. Lancelevée, Charpentier à Foucarmont à qui l’on demandera un devis, sera chargé de la construction. »

Aucune mention du lieu d’édification. Une photo prise lors de la reconstruction du bourg, après la fin de la guerre (rappelons que c’est le bombardement meurtrier du 13 février 1944 qui souffla le centre de la commune), nous laisse entrevoir cette tour, alors implantée sur la place des Cateliers.

Au fond à gauche, la tour

A droite la Rue Douce, à gauche la rue des halles, la tour en arrière plan, sur le terrain de l’actuelle église

On peut donc imaginer aisément que, lorsque la décision fut prise de reconstruire l’église et l’îlot administratif (au milieu des années 50), pour libérer le terrain, on ait dû procéder à son déplacement et la transférer là où elle se trouve encore aujourd’hui.

Voilà donc, l’histoire de cette tour, d’apparence curieuse, certes, mais qui n’est pas la seule sur notre territoire proche, la commune de Londinières ayant toujours elle-aussi, une construction similaire et qui avait les même fonctionnalités.

Première étape dans la rénovation du lavoir.

Lavoir couleur Eric Messier

Le lavoir au début du siècle dernier (Coll. Eric Messier)

Lavoir (13)La presse s’en est fait largement écho : notre lavoir, situé au lieu-dit « La fontaine Saint Martin » sera bientôt rénové. Foucarmont fait partie des rares communes du canton à posséder encore son lavoir. Cet élément du patrimoine, témoin du passé est, pour le Conseil Municipal et son Maire, Dominique Vallée, une richesse à mettre en valeur. Pour la commune elle-même bien sûr, mais aussi pour le territoire plus ou moins proche, plus largement.

Dessin architecte

Le projet retenu par le Conseil Municipal

En effet, dans le cadre d’un développement du tourisme à l’échelle du Pays et du canton, celui-ci sera rénové et mis en valeur dans les mois à venir. Globalement en bon état, sa toiture sera refaite entièrement, comme à l’origine, en ardoises. Le clin, sur les trois côtés, sera déposé au profit de la mise en place de murets bas ; le sol sera lui aussi rénové en béton désactivé dans lequel seront incluses des motifs composés de pavés de grès.

Tel est le souhait du Conseil Municipal qui a, pour ces travaux, sollicité diverses aides.

Ce projet est à rapprocher de la mise en valeur de la zone humide toute proche acquise par le Bassin Versant de l’Yères. La commune participera également à sa mise en valeur, par la mise en place d’un platelage, de panneaux didactiques, en vue de développer un rôle pédagogique à ce lieu en invitant les élèves des écoles, des collèges, entre autres, à venir y découvrir la faune et la flore locales.

Pourquoi ne pas inclure ce lieu, ainsi que l’église atypique de notre bourg dans une boucle de randonnée ? C’est le souhait formulé par M. le Maire d’autant plus qu’il serait possible de la prolonger vers l’Abbaye, lieu-dit hautement historique de la commune, où au XIIème siècle, les Comptes d’EU édifièrent une abbaye, détruite à la Révolution. Il y subsiste une partie du mur d’enceinte et surtout le moulin, superbement restauré.

L'abattage des arbres vieillissant en cours

L’abattage des arbres vieillissant en cours

Pour l’heure, et c’est un passage obligé, il fallait abattre les peupliers sénescents qui apportaient fraîcheur et ombre aux promeneurs par les chaudes journées d’été. Il en allait de leur sécurité ainsi que de la préservation de l’édifice.

Mais que l’on se rassure, la vingtaine de peupliers disparue sera vite remplacée par des essences plus adaptées au site (aulnes, saules….) qui lui redonneront tout le charme que nous lui connaissions.

Ce qu’en dit la presse :

Le Courrier Picard (02/01/2015)Lavoir Courrier Picard 02 01 2014

Le pont de l’Yères : deux siècles d’existence !

Pont de l'Yères AvantVous l’avez sans doute remarqué : le pont de l’Yères, il y a quelques semaines, a fait l’objet de travaux de rénovation. C’est sur l’initiative du Département que ceux-ci, visant à assurer l’entière sécurité du lieu, ont transformé sa partie amont. Il est en effet situé sur une route Départementale, la D928, venant de Neufchâtel en Bray.

Pont de l'Yères

Le « nouveau » pont

La pose d’un garde-corps moderne est venue remplacer l’ancien, constitué de pierres et de tubes.

Ce pont est omniprésent sur les cartes postales anciennes ou photos que l’on peut couramment admirer en quelques occasions : livres historiques, expositions ou célébrations diverses…

Les registres des délibérations du Conseil Municipal constituent une source précieuse sur l’histoire de notre commune. Pour preuve celle-ci, en date du 16 Janvier 1820, demandant la construction de ce pont pour les motifs que découvrirez à sa lecture :

« Un membre a observé qu’il seroit très urgent de faire des représentations à l’autorité supérieure pour solliciter la construction d’un pont sur la rivière d’Yères à l’entrée de ce bourg pour servir de communication à la grande route de Rouen à St Omer ; que cette rivière d’Yères ramène les inconvénient qui existe depuis longtemps, celui de ne pouvoir traverser la rivière avec des voitures et des chevaux sans s’exposer à de grands dangers en entrant et en sortant de la rivière ; les glaces qui si trouvent de puis plus d’un mois en rendent l’accès impossible, on ne peut sans témérité et sans s’exposer à périr les hommes et les chevaux ; qu’il ÿ est déjà arrivé de grands accidents mais que de puis la gelée, plusieurs chevaux ont eu la cuisse cassé, d’autres ont été grièvement blessés ainsi que les conducteurs ; des voituriée plus prudent sont obligé de rester à grand frais à l’auberge pour attendre un temps plus favorable ; que par les circonstances, les communications et le commerce se trouvent intercepté.

Le conseil aÿant reconnu la vérité des faits exposée et la nécessité de la construction d’un pont qui est vivement désirée de puis bien des années, arrête :

  • 1er: M. le préfet est supplier de donner des ordres pour la construction d’un pont sur la rivière d’Yères afin de faciliter les communications de la grande route de Rouen à St Omer à l’entrée de ce bourg.
  • 2 : M. le maire est chargé d’adresser copie du présent à l’autorité supérieure et d’en solliciter l’exécution.

A Foucarmont en séance les jours et ans susdits.

Signé : Rimbert, Delille, Asselin, Miquignon, Gillet, Boucher, Parisy, Barré. »

Rue du  pont

Le pont de l’Yères au début du XXème siècle

Notre pont a bel et bien deux siècles ! Passant aujourd’hui presque inaperçu et dont l’utilité ne nous apparaît plus au quotidien, il a probablement révolutionné, en son temps, les habitudes des habitants de notre commune qui, notons-le au passage, connaissaient des hivers d’une rudesse aujourd’hui méconnue.

Eglise : 50 ans se sont passés

Aujourd’hui, 3 Mai 2014, jour pour jour, il y a 50 ans que la municipalité inaugurait la nouvelle église.

La nouvelle municipalité, dés les élections passées, s’est mise au travail pour marquer cet événement. Une cérémonie particulière se déroulera demain, dimanche 4 Mai :

Inauguration église 3 mai 1964

à la salle des fêtes ensuite où vous pourrez découvrir de nombreux documents se rapportant à l’ancienne et à la nouvelle église : cartes postales, photos principalement dont certaines inédites etc. exposées ou par vidéo projection ainsi que des panneaux relatant la vie à Foucarmont pendant la guerre

– un apéritif d’honneur sera enfin servi.

 

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Durant cette matinée, venez découvrir combien a coûté et comment a été financée l’église, quand et comment a été posée la première pierre, ce qu’elle contient, les différentes phases d’élévation de l’église grâce à des photos étonnantes.

Venez nombreux !

Eglise élévation

Visitez virtuellement Foucarmont !

Vous pouvez depuis peu, visiter virtuellement votre commune grâce à Google Street View.

Depuis 2007, ce service s’enrichit progressivement et permet de naviguer virtuellement imagesdans les rues des villages et villes du monde entier. Une voiture, équipée d’une caméra, photographie les rues de façon à les reconstituer à 360°. Un logiciel assemble les photos pour reconstituer à l’identique les rues.

Ce projet a déjà fait l’objet d’attaques car il peut apparaître comme portant une atteinte à la vie privée.

Mais il faut reconnaître qu’il présente un intérêt certain. Foucarmont a été ainsi photographiée de façon très complète. Vous pouvez lorsque que vous vous trouvez dans Google Maps cliquer sur ce petit bonhomme orange (appelé PegMan de Peg = Pince à linge en anglais, en raison de sa forme) qui se trouve près du réglage du zoom. Sans lâcher le bouton de votre souris vous le déplacez et le positionnez à l’endroit souhaité. Et la magie opère : vous pourrez, en cliquant sur la photo, avancer, faire demi-tour à droite ou à gauche… zoomer sur certains éléments… etc.

Pour bien débuter vous pouvez suivre ce lien : https://www.google.fr/maps/@49.848435,1.568586,3a,75y,124.49h,88.5t/data=!3m4!1e1!3m2!1sLavafMWxF-p5aOWRzSpOeg!2e0

Nous vous souhaitons une bonne exploration de Foucarmont.Capture Rue Douce

13 février 1944 : un véritable désastre ! Mais pourquoi ?

Qui pourra expliquer un jour ce qui s’est passé cet après-midi du 13 février 1944 ? Pourquoi cette formation de 17 bombardiers des forces alliées a-t-elle, après avoir bombardé le site de construction d’une base de V1 à Preuseville, largué ses bombes sur Foucarmont ?

S’agit-il d’une erreur de visée des pilotes qui auraient voulu toucher également les pistes de lancement de V1 en travaux au hameau du Mesnil-Allard à Saint Léger aux Bois ? Difficile à envisager de la part de pilotes chevronnés.

L’école des filles : un quartier général
L’école des filles située en bas de la commune était devenue un véritable quartier général car dès la fin septembre 1943, ce fut l’arrivée des requis qui allaient travailler à la construction des pistes de robots – les V1 – dans les environs. Leurs bureaux, leur cuisine furent installés à l’école et la cour de récréation était encombrée de camions et de personnel. Il en sera ainsi d’ailleurs jusqu’en juillet 1944. Il faut savoir que, pour le chantier de St Léger aux Bois par exemple, 350 ouvriers environ avaient été requis : Italiens, Belges, Hollandais mais aussi, bien sûr, de jeunes français.
Un important matériel sous les halles
Les halles de la place des Cateliers étaient transformées en garage-atelier sous lesquelles se trouvait également un important matériel.
Alors s’agissait-il d’une volonté de détruire un maximum de matériel pour que les travaux soient stoppés, quitte à sacrifier les vies de civils ?
Autre hypothèse
De nombreux véhicules militaires allemands (véhicules d’officiers) stationnaient 6 jours auparavant sur la place des Cateliers alors que des avions de reconnaissance avaient survolé le village à très basse altitude. S’agissait-il de porter un coup fatal à l’Etat-major ennemi ?

Notre belle forêt d’Eu était prisée des chasseurs. Témoin cette carte postale représentant la meute du Prince Sturdza, au château des Hirondelles. (Coll. Jean Seigneur)

D’autant plus qu’une dernière hypothèse fut avancée :
On murmurait que Rommel se déplaçait en toute discrétion dans la région afin de vérifier l’avancement des travaux liés aux V1. Le plus fidèle des fidèles d’Hitler, « le renard du désert » passait son temps sur les routes. Il avait été surnommé par les Officiers de l’Africa Korps « le général des grands chemins ». N’avait-il pas fait aménager un camion militaire dans lequel il avait fait installer un lit ? Il avait fixé son QG au château de la Roche Guyon, dans la vallée de la Seine. Notre secteur est riche de sa forêt. Et justement, le bruit avait couru qu’une chasse à laquelle il aurait dû participer était imminente. A-t-on pu penser que Rommel était à Foucarmont et qu’en bombardant le centre de la commune et les hôtels, on se débarrasserait ainsi de lui ?

Personne à ce jour n’a toujours pu valider sérieusement l’une ou l’autre de ces hypothèses et les familles, plus particulièrement, touchées par la disparition d’un être cher sont toujours aujourd’hui dans la même incompréhension comme nous le sommes tous encore aujourd’hui.

70ème anniversaire du bombardement du 13 février 1944

Tous les anciens foucarmontais s’en souviennent avec beaucoup d’émotion. Ce 13 février 1944 reste pour eux le jour le plus sombre de l’histoire de Foucarmont.

Ce n’était pas la première fois que Foucarmont était bombardé. En effet, en plein exode, le 7 juin 1940, la commune l’avait déjà été. Sous l’effet des bombes incendiaires, le lendemain ¼ du bourg environ avait été brûlé par les Allemands. A la suite de ce premier assaut, on décomptera 16 morts, 29 maisons détruites dont de nombreux commerces.

Dès le début de décembre 1943, de nombreux bombardements vont viser les travaux de Preuseville : il s’agissait de détruire les pistes de V1 en construction. Smermesnil, St Pierre des Jonquières seront touchés, même Londinières avec, pour conséquence, de nombreuses victimes car, parfois loin d’atteindre les travaux, ils atteignaient les villages et hameaux voisins.

Le 5 janvier, c’est le secteur de St Léger aux Bois qui est touché à son tour, au hameau de Mesnil-Allard des travaux similaires étaient menés par l’ennemi. Chaque nuit, des avions survolent notre bourg, se dirigeant soit vers l’Allemagne, soit vers l’Angleterre.

On veut alors se protéger : des tranchées se creusent dans les jardins ou herbages situés à proximité des habitations. La mairie fait creuser des abris collectifs au Fromentel.

L'église en arrière-plan dont il ne reste que des pans de murs (Coll. Jean Seigneur)

Cet après-midi du 13 février 2014 est inoubliable pour les foucarmontais qui l’ont vécu. Durant tout l’après-midi des avions avaient circulé au-dessus de leur tête et copieusement lâché leurs bombes sur la zone de Preuseville où avaient lieu les travaux militaires. Le calme semblait enfin être revenu lorsque 17 bombardiers B17 alliés revenant sur Foucarmont laissent tomber 75 bombes soufflantes sur le centre de la commune dont la plupart explosèrent en touchant leur cible. D’autres exploseront à retardement. Deux minutes auront suffit : une vingtaine de maisons détruites, l’église, les halles n’existaient plus et l’on décompta 21 morts dont un petit garçon de 7 ans et de nombreux blessés.

La population porta vite secours aux victimes : il fallait vite dégager les blessés pris sous les décombres. Le médecin du village, le Dr Stein, avait été arrêté par la Gestapo, car d’appartenance juive. Son remplaçant et la doctoresse de Blangy apporteront une aide précieuse ainsi que les personnes de la Croix Rouge rapidement arrivées sur place. Certains corps ne seront dégagés que plusieurs jours après ce drame, un corps sera même retrouvé en avril ! Certains ne seront jamais identifiés car déchiquetés. Les victimes et les blessés furent regroupés à l’école des garçons, épargnée.

La rue douce sous les décombres (Coll. Jean Seigneur)

La place des Cateliers,la rue des halles, la rue douce n’étaient plus qu’un amas de décombres. Seuls les piétons purent, au bout de quelques jours s’y frayer un passage. Foucarmont est alors méconnaissable,  dans l’incompréhension générale. Personne à ce jour n’a pu répondre à la question présente sur toutes les lèvres : pourquoi ?

Une cérémonie d'inhumation fut organisée le matin du 15 février au cimetière communal (Coll. Jean Seigneur)

Cette escadrille voulait-elle anéantir la DCA située à la gare de Villers sous Foucarmont ou avait-elle pour mission de détruire les installations du Mesnil-Allard ? S’agit-il d’une erreur humaine ? D’autres hypothèses sont avancées.

La guerre venait de toucher de plein fouet notre commune, dans toute sa cruauté et toute son horreur !

Une nouvelle vie pour notre sirène.

On ne l’entend plus rugir depuis quelques années déjà et pourtant elle est toujours présente dans la commune ! A l’initiative du corps des sapeurs-pompiers, ceux-ci l’ont « recueillie » et bichonnée. Peinte en rouge, bien évidemment, elle trône maintenant sur le toit du C.I.S (Centre d’Incendie et de Secours).

En zinc, de type électromécanique, elle est entraînée par un moteur électrique qui n’est plus en état de fonctionnement, pour le moment.

Pour le moment, en effet, car, au centre de secours, on ne désespère pas de l’entendre à nouveau mugir.

Au départ, dans le cadre de la défense passive et du R.N.A – Réseau National d’Alerte – elle était destinée à prévenir la population d’un danger imminent de type bombardement principalement. Elle était déjà présente sur le toit de l’ancienne salle des fêtes comme en atteste cette carte postale.

Placée sur le toit de l’ilot administratif attenant à l’église, au début des années soixante, on pouvait l’entendre hurler chaque premier mercredi du mois, à midi, afin de s’assurer de son bon fonctionnement. La tâche était alors allouée au garde champêtre communal.

La guerre terminée, elle ne servit plus qu’à prévenir les pompiers volontaires qu’ils devaient vite abandonner leur activité pour se rendre à la caserne.

Un code était alors appliqué, variable suivant les communes :

– un coup long (intervention diverse urgente)
– deux coups (accident de circulation, malaise ou blessé)
– trois coups (incendie)



Aujourd’hui, les moyens technologiques modernes de communication ont fait taire les sirènes – on utilise les bipper  pager – mais bon nombre de communes les ont préservées, celles-ci pouvant apparaître très utiles en cas de risques majeurs imminents – nucléaire, naturel, industriel…- pour prévenir les populations.
Félicitons nos sapeurs-pompiers pour cette heureuse initiative et espérons pouvoir l’entendre à nouveau un jour prochain.

Notre Monument aux Morts : son origine

Ce n’est que vers la fin du 19ème siècle, après la défaite de 1870, que la volonté d’honorer la mémoire des hommes morts au combat se précisa.

On inscrivait les noms des héros soit sur une plaque commémorative apposée dans l’église, la mairie, au cimetière ou, parfois, on érigeait un monument sur le lieu des combats.

Mais à l’issue de la première guerre mondiale, dès 1916, les initiatives vont se multiplier, d’abord par le biais d’associations patriotiques, amicales d’anciens combattants ou associations comme « Le souvenir Français », toujours en action aujourd’hui.

Ce désir populaire de rendre hommage aux disparus va être conforté par l’Etat qui, même s’il ne l’oblige pas, va fixer les conditions dans lesquelles une subvention pourrait être attribuée pour sa concrétisation.

Ainsi, de 1920 à 1925, ce n’est pas moins de 16 monuments, stèles plaques qui vont être mis en place par jour dans notre pays.

L’initiative en revient souvent au Conseil Municipal. Une délibération est prise afin de rendre hommage aux enfants de la commune morts pour la Patrie.

Pour plus de commodités et de facilités, le choix du monument s’est fait le plus souvent sur catalogue.

C’est probablement le cas pour Foucarmont, puisque c’est l’artiste sculpteur Henri Charles Pourquet qui est à l’origine de notre « Poilu », ses créations étant largement répandues sur le territoire national.

Henri-Charles Pourquet (1877-1943) fut élève de Louis Barrias et Jules Coutan. Il exposait régulièrement à Paris, au Salon des artistes français. Il devint sociétaire à partir de 1907 et obtint en 1909 une médaille d’or, hors-concours la même année.

Le catalogue était présenté par une fonderie, pour ce qui nous concerne c’est la fonderie de Val d’Osne en Haute Marne, spécialisée en fonte d’art, qui a réalisé notre soldat ; elle avait édité un catalogue spécial en 1921. Spécialisée dans la réalisation de mobilier urbain, la fabrication des monuments aux morts a été sa dernière forte activité.

Le socle a été réalisé par un marbrier local, Guibout, de Bouttencourt.

Témoin du sacrifice de leur vie, nos vingt-trois Poilus ne seront ainsi pas oubliés.

Pour en savoir + : Photoshttp://lycees.ac-rouen.fr/anguier/memoire/spip.php?article604

GenWebhttp://www.memorialgenweb.org/mobile/fr/resultcommune.php?idsource=11989

Fonderie d’art de Val d’Osnehttp://fr.wikipedia.org/wiki/Val_d%27Osne

La fête locale : une vieille tradition

La fête locale de Foucarmont a toujours été un moment important de la vie du bourg. Pourquoi ? Les travaux agricoles d’été sont à cette époque terminés, personne (ou presque) ne partait en vacances, on se déplaçait peu, et à proximité, les médias modernes n’existaient pas…

Dans certaines régions, c’étaient les conscrits qui avaient le devoir de l’organiser. Parfois, même si la municipalité mettait la main à la poche, on quêtait dans la commune pour faire face aux dépenses qu’elle engendrait. La vente de confettis permettait de compenser une (très) petite partie des dépenses.

On a longtemps parlé de cavalcade. Le défilé se composait de personnes costumées à pied ou à dos de cheval et de chars sur lesquels paradaient des figurants et autres musiciens de l’harmonie locale. Ces chars étaient tirés par des chevaux.

Dans chaque quartier, on confectionnait des roses en papier, en très grandes quantités, pour en assurer la décoration. On utilisait aussi des branches d’épicéas, ressource locale. Les chars étaient préparés dans le plus grand secret. Les chevaux, eux-aussi étaient parés pour la fête. Bien sûr, la mécanisation les a remplacés peu à peu par les tracteurs.

Toute la campagne environnante attendait, elle aussi, avec impatience, ce troisième dimanche de septembre, en préparant les habits du dimanche et….en suppliant le ciel d’être bienveillant ce jour-là. « Pluie à l’fête ed’ Londinières, biau temps à celle ed’ Foucarmont » (et inversement) pouvait-on entendre dans les rues de la commune ou sur la place du marché le mardi précèdent !

Ces cartes postales de 1911, de la collection de Jean Seigneur, illustrent bien la nature du défilé au début du siècle dernier : à côté de la présentation de costumes traditionnels, on présente une avancée technologique avec la reproduction d’un aéroplane.

Louis Blériot vient de réaliser l’exploit de la traversée de la Manche, le 25 juillet 1909. On a commencé la fabrication d’avions en séries : une véritable révolution que pressent bien le peuple. Malheureusement, dans l’insouciance générale de la fête, personne ne soupçonne que dans 3 ans, l’horreur de la guerre va s’abattre sur notre pays.

Aujourd’hui, les choses ont bien changé. La fréquentation est moindre, la fabrication de chars, même si elle persiste dans quelques communes, est devenue rare. On ne vend plus de confettis. On a malgré tout conservé le principe du défilé mais utilisant des groupes d’animation de rues (majorettes, danses exotiques, présentations acrobatiques ou à thème …). Souhaitons que cette année encore, celle-ci soit une belle réussite !

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La légende de Notre-Dame de l’Epinette

La chapelle de l’Epinette telle qu’elle se présentait il y a plus d’un demi siècle

Derrière le stade, un chemin de traverse en lacet rejoint la rue de la fontaine à la route Départementale n° 26 menant à Preuseville. Dans ces terrains, plutôt humides, situés à proximité de notre rivière, l’Yères, on trouve de nombreuses espèces d’arbres et d’arbustes moyens à grands (noisetiers, houx, saules etc.) dont l’épine. D’où le nom de ce lieu-dit : « L’Epinette »

Dans l’une de ces épines, âgée, au tronc noueux et creusé avait été placée une statue de la Vierge.

L’histoire n’en dit pas la raison. Mais il y a toujours, à la base d’une légende, un fait réel et c’est sa transmission orale qui la modifie, la magnifie et la rend extraordinaire.

L’épine était alors reconnue comme un arbre sur lequel la foudre ne tombait jamais et il n’était pas rare, dans notre région très boisée, qu’un arbre, particulièrement, fasse régulièrement l’objet d’un regroupement populaire religieux.

Probablement afin de conserver cette statue, très vénérée, dans de meilleures conditions, on avait donc décidé de lui réserver une belle place dans l’église Saint-Martin, au centre de la commune. Ce qui fut fait. Le lendemain matin, à la surprise générale, on s’aperçut que la Vierge avait retrouvé sa place au cœur de l’épine. Et ainsi, après plusieurs tentatives et retours inexpliqués de la statue en cet endroit, on décida d’élever ici une chapelle que l’on nomma tout naturellement « Notre-Dame de l’Epinette ».

Notre Dame de l’Epinette servit d’abri aux valeureux soldats durant la guerre 1914-1918

Spacieuse, élégante, aux ouvertures de style gothique, elle fut édifiée au 16ème siècle.

Aujourd’hui, celle-ci a disparu. Après avoir connu les tumultes de la Révolution (elle avait été dédiée à la Raison, elle devint ainsi  « Temple de la Raison »  au nom de la toute nouvelle liberté d’opinion, l’église Saint Martin, quant à elle, conservait sa fonction religieuse), elle fut progressivement abandonnée,  étant très excentrée  et située sur un terrain parfois inaccessible car envahi par l’eau. Elle servit d’abri aux valeureux soldats durant la guerre 1914-1918, comme en atteste cette carte postale, et de grange. Incendiée durant la deuxième guerre mondiale, il n’en restait plus que les murs. En 1955, sur l’initiative de Jean Seigneur, s’y était tenu un spectacle son et lumière. Devenue propriété privée, elle fut complètement détruite.

 On aperçoit, sur cette photo aérienne, la chapelle, dont il ne reste que les murs (1952)

Randonnons… Randonnées dans les vallées de l’Yères et de la Bresle

Le beau temps s’est durablement installé sur notre région. Pourquoi ne pas en profiter pour découvrir les vallées de la Bresle et de l’Yères … à pied ? Pour cela, une quinzaine de circuits a été recensée par la Communauté de Communes de Blangy sur Bresle.

Ces circuits sont balisés et figurent sur la carte que vous pouvez télécharger ICI.

Au frais, vous découvrirez ainsi la forêt d’Eu, majestueuse hêtraie, une des plus belles d’Europe, quadrillée de routes forestières. Vous y rencontrerez des poteaux indicateurs, uniques en France, en fonte ; le plus célèbre étant le poteau « Maître-Jean » (du nom d’un forestier probablement) situé en bordure de la D928 entre Foucarmont et Blangy sur Bresle. Ne ratez surtout pas le site de la Reine Mère Elisabeth et les Arbres de la Bonne Entente.

Le poteau Maître-Jean au début du XXème siècle (Coll. Jean Seigneur)

L’industrie verrière en vallée de la Bresle, première mondiale dans la production de flacons pour la parfumerie de luxe,  a pu se développer grâce au bois qui était prélevé dans cette forêt pour chauffer les fours.

Mais si vous ne redoutez pas l’ardeur du soleil,  vous pourrez également découvrir, autour de Foucarmont, la vallée de l’Yères. Les itinéraires proposés vous offriront des points de vue insoupçonnés sur des paysages typiquement ruraux, richement arborés.

L’indication de la longueur de chaque circuit et du temps estimé pour le parcourir vous permettra d’adapter facilement votre choix.

Vacanciers ou non, avec ou sans bâtons, n’hésitez plus, allez découvrir notre belle région ! 

 Pour en savoir + 

Description des circuits : http://www.cc-blangysurbresle.fr/tourisme.php

Office du Tourisme Blangy : http://ot.blangysurbresle.free.fr/topic/index.html